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Ainsi parlait mon père

Ainsi parlait mon père

Sami Tchak was born in 1960, the first of his father’s children to learn how to read and write.  After studying philosophy for two years at the University of Lomé, he traveled to Paris to finish his studies, and earned a doctorate in sociology. But his education really began in his father’s blacksmith shop. The bellows, the fire, the anvil, the red-hot iron and hammer came before the pen and paper.  Above all, there were his father’s endless stories that Sami listened to religiously, for over forty years, until his father’s death in 2003.  Even afterward, he continued to hear his father’s voice, his words, and his wisdom. 
 
“If, wherever you are in the world, you can’t find some deep part of yourself in others, don’t think it’s because they are too different, tell yourself you were not searching in the right places. In each man and woman, even in those you find the most vile and despicable, you can find the truth about yourself.  If you can’t, you are overlooking an essential part of yourself my son.”
Sami Tchak est né en 1960. Il est le premier enfant de son père à avoir appris à lire et à écrire. Après une licence de philosophie à l’université de Lomé, il termine des études à Paris par un doctorat de sociologie. Il écrit des essais puis des romans. Mais c’est dans la forge de son père qu’a commencé son éducation. Le charbon, les soufflets, le feu, l’enclume, le fer rougi et le marteau ont précédé les pages et la plume. Et surtout les histoires de son père. Sami Tchak l’écoutait sans cesse. Ce dialogue, cette écoute a duré plus de quarante ans et ne s’est interrompu que par la mort du père en 2003 mais il continue à entendre sa voix, à percevoir ses mots et sa sagesse. Ces pages sont un fragment des histoires de cet homme qui disait à son fils  :  «  Tu m’écoutes et tu tries. Tu m’écoutes et du tamises mes mots. Il en restera juste des miettes donc l’essentiel  ». Ces «  leçons de la forge  » que le père adressait à ses fils, ses filles, ses épouses, aux hommes et aux femmes du village, Sami Tchak ne les a pas oubliées  : elles sont un bien inestimable, des leçons d’humanité, d’humilité et d’amour.

« D’un enfant, nous devons apprendre plus que nous ne pouvons lui enseigner, puisqu’il porte en lui le monde que nous n’aurons pas le temps de vivre, alors que lui a la possibilité de connaître l’essentiel de ce qui existait avant lui. » : ainsi parla mon père à la naissance de mon fils aîné Malick le 2 juin 1987 à Ouagadougou.
« Tu prétends avoir terrassé tous tes concurrents dans les sept villages, hein, beau champion de lutte ? En es-tu sûr ? Es-tu sûr qu’il ne te reste aucun concurrent à terrasser ? Tu veux que je te dise la vérité, tu le veux ? Jeune homme, ta victoire ne sera complète que le jour où tu mettras à genoux ta propre ombre » : ainsi parla mon père au plus grand lutteur du village qui s’inventait sa propre légende.

« Partout dans le monde, si tu ne retrouves pas en les autres une part profonde de toi, ne dis pas qu’ils sont différents de toi, mais que tu n’as pas su te chercher en eux. Sinon, en chaque homme, en chaque femme, même en ceux et en celles qui te semblent si vils, méprisables, il y a ta propre vérité. Ne pas t’y trouver, c’est passer forcément à côté de toi-même, mon fils » : ainsi parla mon père pour m’apprendre à chercher en chacun la part entière de l’humaine condition.
EAN : 
9782709661829
Parution : 
14/03/2018
200 pages

À paraître