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Les bateaux ivres

Les bateaux ivres

“I’ve been traveling the world and witnessing its torments for thirty-five years.  The first time I saw the exodus of a population, outside of war, was that of the boat-people of Vietnam who were fleeing the regime in Hanoi. Bamboo junk boats braving the Sea of China, shipwrecks, the same scenario as today except that these were political refugees that the world regarded with an attentive and benevolent eye.  In time, migrant episodes became more and more frequent and the world lost interest.  I have followed rowboats trying to cross the Straits of Gibralter, death canoes attempting to reach the Canary Islands, Turkish zodiacs heading for the Greek Island of Lesbos and a stream of very unseaworthy vessels heading towards the Sicilian Canal and flooding the tiny island of Lampedusa… I wanted to tell of the lives of these hundreds of thousands of men and women who saw no other hope but to leave, to cross the sea, our Mediterranean Sea.”
L’odyssée des migrants en Méditerranée

« Trente-cinq ans que je cours le monde et ses tourments. La première fois que j’ai vu l’exode d’une population, en dehors d’une guerre, c’était les boat-people qui fuyaient le régime d’Hanoï. Des jonques en bambou sur la Mer de Chine, les naufrages, tous les éléments étaient déjà là. Mais ces migrants étaient des réfugiés politiques et le monde les regardait d’un œil bienveillant et attentif.
Avec le temps, l’exode des migrants n’est plus devenu un phénomène exceptionnel. Et le monde s’est lassé. J’ai suivi les barques, les pateras qui affrontaient le détroit de Gibraltar, les pirogues de la mort pour les Canaries, les zodiacs de Turquie vers l’île grecque de Lesbos, le flot des épaves vers le Canal de Sicile. Jusqu’à Lampedusa, caillou submergé par le flux. J’ai suivi le sillage de ces bateaux ivres, sur mer et sur terre, dès leur point de départ, un village subsaharien, un désert érythréen de la corne de l’Afrique, une capitale arabe, une montagne d’Afghanistan ou de Syrie. Je voulais faire le récit choral de ces centaines de milliers d’hommes et de femmes qui ne voient qu’une seule issue, partir, pour la grande traversée, à travers notre mer, la méditerranée. Nous, Européens, nous hésitons toujours, entre aveuglement volontaire, compassion et répression. Sans parvenir à définir une attitude réaliste, une politique commune. Pendant ce temps-là, ils partent. Avec la force des désespérés ou des conquérants. Et rien ne les arrêtera. » Jean-Paul Mari
 
EAN : 
9782709645782
Parution : 
30/09/2015
200 pages

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