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L'ARMOIRE À PHARMACIE

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Chagrin d'amour Insomnie Vertige

Chagrin d’amour

Jane Eyre,

Charlotte Brontë

 

Rares sont ceux qui traversent la vie le cœur intact. Une fois que la flèche a quitté l’arc de Cupidon et frappé sa cible en vibrant malicieusement, commence une réaction chimique qui embarque sa victime dans un voyage rempli de certains des plus sublimes plaisirs de l’existence, mais aussi de ses tourments les plus douloureux. Neuf fois sur dix, les histoires d’amour se fracassent sur les rochers et tout se termine par des larmes.

Les cœurs brisés peuvent être rachetés – et à ceux qui refusent de renoncer à leur amour perdu, nous prescrivons Jane Eyre. Quand la cérémonie du mariage de Jane et Mr  Rochester est interrompue par l’an-nonce que le propriétaire de Thornfield Hall a déjà une épouse, Jane est trop choquée pour pleurer – « J’avais l’impression de m’être allongée dans le lit asséché d’un grand fleuve », dit- elle  –, bien qu’un peu plus tard, la « masse sombre et puissante » d’un « torrent impé-tueux » la submerge. Aux trente- sixièmes dessous, elle pardonne à Mr  Rochester en un instant quand il lui montre qu’il l’aime plus que jamais. Mais la meilleure part d’elle- même sait qu’elle n’a « aucun droit à être dans ses bras, où il n’y a pas de place pour elle », et bien qu’elle ait le cœur « déchiré », elle lui dit qu’elle doit partir. C’est alors au tour de Mr Rochester d’avoir le cœur brisé  : « Jane !... Jane, voulez- vous dire que vous suivrez un chemin dans ce monde, et que vous me laisserez en prendre un autre ?  » A-t -on jamais lu expression plus déchirante de la souffrance de la séparation ?

Tout n’est pas perdu, cependant, dans la mesure où Jane récupère son ténébreux héros à la fin – mais à ses propres conditions et avec son amour- propre intact.Suivez l’exemple de Jane : ne tentez pour rien au monde de recoller votre cœur brisé en compromettant votre inté-grité. Mieux vaut souffrir dans la dignité que de vous consoler dans la honte. Et, sait- on jamais, quelqu’un pourrait le remarquer et vous aimer en proportion de votre force de caractère et de votre capacité à endurer la souffrance.